Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie


Ca y est, j'ai enfin lu Americanah!
Bon pour être honnête, je n'en avais jamais entendu parler avant de l'avoir lu.
Alors que j'étais chez mon libraire préféré, rue Carnot en Avignon, que j'achetais un énième Yoko Ogawa, je suis tombée sur cette couverture, qui a attiré mon attention. Je me suis dit "pourquoi pas, ça me changera de lire automatiquement du Calixthe Beyala et me permettra de découvrir une nouvelle plume de la littérature africaine"



Synopsis

        Ifemelu quitte le Nigéria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu'on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Gallimard


 Principaux thèmes abordés

         Americanah n'est pas une banale histoire d'amour défiant le temps et l'espace. C'est surtout, selon moi, une histoire de:

   1. Migrants

           Americanah, dresse le protrait croisé de différent type de migrants sur deux continents distincts; l'Amérique pour Ifemelu et l'Europe (Angleterre) pour  Obinze, ainsi que leurs différents protagonistes respectifs (les coiffeuses,Tante Uju et Dike, Emenike, etc.). Americanah, c'est l'histoire des migrants; pourquoi ils ont décidé de migrer (les raisons sont multiples et variées), quel genre de vie peuvent-ils mener et dans quelles conditions. Americanah, permet de voir les migrants comme des personnes à part entière avec une histoire et une vie comme tout le monde, mais avec en plus le pays qu'ils laissent derrière eux, la famille, les amis et les amours auxquels ils renoncent.

   2. Intégration/Acceptation

           Il est souvent demandé aux migrants de faire des efforts d'intégration au sein de la société dans laquelle ils vivent. Mais si il y a bien une chose à laquelle ont ne fait jamais ou très rarement allusion c'est la seconde face de la médaille, car qui dit intégration ne peut ou ne doit ignorer la contre-partie qui est l'acception car peu importante les efforts que le migrant pourra faire pour s'intégrer, sans acceptation il reste perçu comme un parasite ou un intrus. A travers leurs expériences, Ifem et Obinze nous permettent d'assister aux petits soucis d'acceptation et d'intégration auxquels ils ont été confrontés.

    3. Le racisme

             La plus part des critiques que j'ai pu lire, pointent surtout du doigt le passif ségrégationniste américain comme s'il n'y avait qu'aux USA que les Noirs pouvaient être victimes de racisme. Le racisme passif est également présent en France, peut importe la forme qu'il revêt; de la blagounette ridicule (que j'appelle racisme bon-enfant; un de mes "ex" neveu m'appelait tata chocolat par exemple...), en passant par les fantasmes "exotiques" sur la virilité des hommes noirs ou l'appétit sexuel des "gazelles" ou "tigresses" africaines. Je me suis toujours dit que le racisme ne m'atteignait pas tant qu'il ne m'empêchait pas de travailler ou de me loger; mais parfois, ça atteint réellement des proportions assez dramatiques, bref.
A travers son blog, Ifemelu partage son point de vue de Noire non américaine sur le problème de race et de tribalisme américain, mais on peut également palper cette espèce de tension latente entre Noirs américains et Noirs non américains... mais également entre Noirs non américains.

Ici, ne sont que les thèmes principaux, mais il y en a tellement d'autres encore!

Mon ressenti

            Je dois être honnête avec vous, Americanah a une prise en main très difficile! Il est composé de 7 parties qui s'étendent en 55 chapitres sur 685 pages ( + 1 pour les remerciements). Il est très lent à démarrer car Chimamanda nous dresse d'abord le décor; les conditions de vie de départ qui vont pousser chacun de nos héros à migrer vers l'Occident. Il ne faut surtout pas se laisser décourager par son poids et son rythme.
             Pour moi, ça a été un véritable plaisir de découvrir Ifem à qui j'ai pu m'identifier avec beaucoup d'aisance, je ne dis pas que j'ai traversé exactement les mêmes épreuves qu'elle ou que nous sommes en tout point identiques, mais j'ai reconnu beaucoup de choses en elle. Ou du moins, elle aurait très bien pu être une de mes amies. Je l'ai vraiment adorée! Une femme franche et complète, droite dans ses bottes mais avec des faiblesses et des défauts. A vrai dire, Ifemelu, est une femme contemporaine tout ce qu'il y a de plus réel et non un simple personnage de fiction!
              J'ai également découvert avec émotion l'environnement de vie d'Ifemelu avant de quitter le Nigéria, ça m'a rappelé, un peu les conditions dans lesquelles j'ai également migré il y à 16 ans; les mauvaises conditions de scolarité locales, et redécouvrir un certain visage de l'Afrique que j'avais oublié et surtout me rendre compte qu'il est quasiment le même malgré la différence de pays.

             Enfin, je ne peux pas en dire plus de peur de spoiler, une seule chose: si vous ne l'avez pas encore lu, FAITES-LE!!!


L'auteure (Lire aussi)

 J'ai fait en sorte de finir mon post pour le 31 juillet qui est la journée internationale de la femme africaine. Ma façon à moi de commémorer cette journée (trop peu connue) est de vous présenter Chimamanda Ngozi Adichie, féministe féminine, auteur majeure contemporaine de la littérature anglophone.

 

Chimamanda Ngozi Adichie est née le 15 septembre 1977 à Enugu, au Nigéria.
A 19 ans, elle migre au USA pour suivre des études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle obtient son diplôme universitaire avec une mention honorifique. Titulaire d'un Master en création littéraire de l'Université Johns-Hopkins (2003), elle obtient une maîtrise ès art d'études africaines à l’Université de Yale en 2008.
L'hibiscus pourpre (Purple hibiscus), son premier roman (2003), est proclamé meilleur premier roman par le prix littéraire Commonwealth writer's prize en 2005.
L'autre moitié du soleil (Half of the yellow sun), publié en 2006, reçoit le prix Orange prize for fiction (2007).
En 2008, Chimamanda se voit décerner le Prix MacArthur; bourse de 500 000$ permettant à son titulaire de poursuivre et de développer son activité sur 5 ans.
Le recueil de nouvelles Autour de ton cou ( The thing around your neck) paraît en avril 2009. Cette même année, elle fait sa prémière intervention à la conférence TED; son discours est intitulé Le
 danger d'une histoire unique ( The danger of a single story).
Americanah est donc son quatrième roman et est publié en 2013 et est distingué du prix Nation Book Critics' Circle. Il sera prochainement adapté au cinéma avec comme acteurs principaux Lupita Nyong'o et David Oyelowo. Cette adaptation cinématographique est produite par Lupita Nyong'o en collaboration avec Brad Pitt. Eh ben, j'ai hâte de voir ça!
Chimamanda fait sa deuxième intervention lors du projet TEDx, en 2013, intitulée We should all be feminist (Nous devrions tous être des féministes).
En 2014, Beyoncé sample une partie de ce discours dans le titre Flawless.
En 2015, We should all be feminist (traduit en français "Nous sommes tous féministes) est publié chez Gallimard, suivi de Les marieuses.
La nouvelle directrice artistique de Dior (par l'odeur alléchée) à sorti une série de T-shirt blanc sérigraphié "We should all be feminist", vous avez d'ailleurs du voir Rihanna en porter depuis janvier dernier.
Cher Ijealewe, ou manifeste pour une éducation féministe est publié dans la collection Hors-Série Littéraire de Galimard, cette année.





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